27 novembre 2006

Cinéma et désirs

En réécoutant Le Mépris de Godard hier, j'ai retenu cette belle citation attribuée à André Bazin: "Le cinéma substitue à nos regards un monde qui s'accorde à nos désirs".

Or, en fouinant sur le Net, il semblerait que cette phrase n’est pas directement d’André Bazin mais plutôt du critique Michel Mourlet, tirée de La mise en scène comme langage : "Puisque le cinéma est un regard qui se substitue au nôtre pour nous donner un monde accordé à nos désirs".

22 novembre 2006

Diane Arbus

En marge de la sortie du film Fur de Steven Shainberg, il est de mise de rappeler que Diane Arbus est une des grandes artistes du XXème siècle.

L’œuvre photographique de Diane Arbus est aussi étrange qu'elle est attrayante. Comment ne pas être envoûté par son approche documentaire, par sa fascination pour les exclus et pour le hors-norme. Voici une photographe qui s’intéresse davantage à son sujet qu’à l’effet photographique. De ses inquiétants portraits de personnages hétérodoxes émane une forte humanité.

Dans un monde où l’apparence et l’artifice joue un rôle prépondérant, l’œuvre de Diane Arbus prend tout son sens, elle qui s’évertua à exposer la marginalité avec un naturel déroutant. Une citation de Diane Arbus qui résume bien son oeuvre: "A photograph is a secret about a secret. The more it tells you the less you know."

21 novembre 2006

Robert Altman 1925-2006

Un des grands est parti aujourd'hui: Robert Altman, le cinéaste derrière Nashville, Gosford Park, Short Cuts, ...

Ce réalisateur a une signification particulière pour moi, car c'est avec son film The Player que j'ai découvert la cinéphilie. C'était en 1992, j'avais 16 ans et je suis allé le voir trois, si ce n'est pas quatre fois au cinéma Le Clap, à Sainte-Foy. Ça valait la peine de faire une heure de vélo pour voir cette oeuvre magistrale qui me fascinait par son indicible magnétisme.

Deux ou trois mois plus tard, Le Voleur de bicyclette était présenté à la télé...

20 novembre 2006

Les Amants réguliers

1973 est l’année du tournage de La maman et la putain de Jean Eustache, grand chef d’œuvre de la cinématographie française et brillant constat de la fin des idéologies canalisées par les évènements de mai 1968. Le film d’Eustache tient sa force, entre autres, dans l’incarnation de la relation entre le politique et l’intime, entre le désabusement du militant et l’impossibilité de la révolution intérieure. Trente ans plus tard, Philippe Garrel, autre héritier de la Nouvelle vague, tente d’illustrer cette même correspondance.

Les Amants réguliers n’est pas un film narratif. L’histoire est plutôt simple, et les ressorts dramatiques sont plutôt rares. L’histoire du film est celle d’un jeune couple s’étant rencontré un soir de mai 68. La majeure partie du film se déroule lors de l’année 69, où le désenchantement s’installe lentement parmi une communauté d’artistes et de fumeurs d’opium, au sein de laquelle déambule le jeune couple. Le film comporte quatre chapitres : Les espérances du feu, Les espoirs fusillés, Les éclats d’inamertume et Le sommeil des justes, illustrant chacun le passage du collectif au couple, puis du couple à la solitude. La progression se fait également à partir de la rue, siège des manifestations, aux lieux clos, davantage propice à l’isolement et au repli.

Le personnage principal du film est François, interprété par le fils du réalisateur, Louis Garrel. Ses traits physiques rappellent immanquablement Jean-Pierre Léaud, avec son regard sombre et son jeu dénaturé et introspectif.

Les Amants réguliers doit également son éclatante splendeur à l’excellent travail du directeur-photo William Lubtchansky, dont les saisissants contrastes de noir et blanc de sa caméra rendent tangible toute la poésie inhérente au film. La sublime facture du film est également redevable à l’excellente bande-son d’Alain Villeval et d’Alexandre Abrard, qui rendent l’environnement sonore très vivant. De la même manière, la puissance émotive de la musique de Jean-Claude Vannier exprime ce qu’évoquent les silences des personnages.

Même si son récit se déroule 35 ans avant le tournage, Les Amants réguliers est loin d’être un film historique, car Garrel est davantage intéressé à évoquer l’atmosphère de l’époque, telle que rappelée par ses réminiscences. Le film s’inscrit dans une approche tellement personnelle que les évènements sont présentés dans un espace onirique et atemporel, où les ellipses et les séquences dilatées fracturent le récit et y insufflent son rythme singulier.

Philippe Garrel présente dans son dernier opus une puissante métaphore sur la question du désillusionnement et de l’échec, sans jamais tomber dans la nostalgie, mais en mettant plutôt en scène de manière poétique les derniers souffles d’une commune romantique replié sur elle-même et constamment menacée par l’extérieur et par l’implosion. Bref, une forte et douce illustration de la fin des idéologies.

19 novembre 2006

House of Jealous Lovers

Dans un message antérieur, je vous ai fait part d'un de mes singles préférés des dernières années, soit House of Jealous Lovers de The Rapture, sorti en 2003. Or j'ignorais qu'un clip [voir section Média] avait été réalisé à partir de cette pièce:

Le clip est signé Shynola, un collectif londonien réunissant quatre artistes en art visuel. Ils sont également derrière les clips E-Pro de Beck, Crazy Beat de Blur et Pyramid Song de Radiohead.

J'adore le mélange de visuels old school et d'extraits de concert. Le rythme du clip épouse bien celui de la pièce. Un bel hommage à la culture des flyers punk-rock.

18 novembre 2006

Cinéma et spiritualité

Parmi la multitude de Top 10, Top 25, Top 50 et Top 100 qui pullulent sur le Net et ailleurs, en voici un qui offre une perspective originale, soit celle de désigner les 100 films les plus spirituellement significatifs.

Évidemment, les films de Bresson sont dignement représentés, avec trois titres parmi les quinze premières places: Journal d'un curé de campagne, Un condamné à mort s'est échappé et Au Hasard Balthazar.

Certains choix sont flagrants, comme Le Décalogue, Ordet et Dead Man Walking. Je me réjouis également de voir que Stevie est dans la liste, car je crois qu'il s'agit d'un grand film sur la rédemption et la résurgence. Par contre, sans vouloir lui enlever de sa valeur, je me demande en quelle mesure Dogville a un contenu spirituel...

17 novembre 2006

Suggestion vidéo pour le week-end

LAMES DIABOLIQUES, version française de Blades

É.-U. 1989.

Drame d'horreur de T.R. Rondinella avec Robert North, Jeremy Whelan et Victoria Scott.

Une tondeuse à gazon animée d'une vie propre sème la terreur dans un club de golf.

Parodie débile du film "Jaws". Recherche facile d'effets outranciers. Réalisation étriquée. Interprétation sans relief.

Merci à Médiafilm pour les belles suggestions.

16 novembre 2006

Amuse gueule

J'ai visionné hier le dernier long-métrage de Philippe Garrel, Les Amants réguliers, qui vient de sortir en DVD et qui est le plus récent récipiendaire du prestigieux prix Louis-Delluc. Je travaille à une critique, mais, histoire de mettre en appétit, voici quelques citations que j'ai noté et qui sont extraites de ce merveilleux film remplit de poésie.

"Jamais je voudrais être connu ou important, je voudrais être anonyme."

"Celui qui veut prendre le pouvoir, s'il attend l'autorisation, c'est qu'il préfère prendre les ordres."

"Est-ce qu'on peut faire la révolution pour le prolétariat malgré le prolétariat ?"

"Il n'y a rien qui ressemble plus à un curé qu'un militant. Ils ont tout compris, ils ont la vérité."

8 novembre 2006

L'enfant

Le cinéma de Jean-Pierre et Luc Dardenne est à contre-courant. Les deux cinéastes sont aux antipodes du discours cinématographique dominant : au lieu d’imposer le film par les artifices et l’ostentation, ils suggèrent par les non-dits. À l’instar de maître Bresson, le cinéma des frères Dardenne, moins janséniste mais tout autant humaniste, s’articule par un langage dépouillé : économie des lieux, du son, des dialogues. On peut d’ailleurs noter certains échos bressoniens dans L’enfant, notamment dans la scène finale de la rédemption, hommage manifeste à Pickpocket.

L’enfant met en scène Bruno, brigand de ruelle, qui vient d’avoir un fils, Jimmy, avec sa blonde Sonia. Pour Bruno, tous les moyens sont bons pour faire quelques euros de plus. Or, il apprendra que certains de ses gestes sont lourds de conséquences. Alors s’entamera un difficile mais nécessaire pèlerinage vers la rédemption, et, conséquemment, la délivrance.

Mais l’essence du film ne réside pas tant dans l’histoire que dans les constats sociaux et moraux qui s’en dégage : la consommation (peu importe qu’il soit dans le besoin, Bruno dépense de manière impulsive), la marginalité (de manière symbolique, Bruno vit sur les bords d’une rivière, donc dans la marge), le chômage ("travailler c’est pour les cons" scande Bruno), la perte de repères moraux (Bruno voit Jimmy comme une source de revenu rapide).

Même s’ils font un cinéma social et naturaliste, les frères Dardenne évitent les pièges du militantisme. Au lieu de prendre position, ils suggèrent, tout en laissant le soin aux spectateurs de juger. L’histoire reste en phase avec les thémes privilégiés par le scénario, laissant ainsi beaucoup d'espace à l'interprétation et au questionnement. Rien n'est imposé. Les frères Dardenne s’en remettent à l’intelligence et au jugement des spectateurs pour poser le verdict sur les agissements de Bruno, qui est le véritable "enfant" désigné dans le titre du film.

Les personnages de L'Enfant, comme à leur habitude dans les films des frères Dardenne, sont continuellement en mouvement, et, de manière antagoniste, en perpétuelle attente : de l’argent, de l’ascenseur, du coup de téléphone, du prochain larcin. En tant qu’anciens documentaristes, les réalisateurs cernent, traquent leur sujet, un peu à la manière du cinéma direct. En s’impliquant de manière aussi physique, la caméra invite les spectateurs à participer au film, les forçant ainsi à réagir, à s’interroger sur l’action et sur les personnages. Ces derniers sont immergés dans le foisonnement urbain, dont l’agitation est amplifiée par le son, fort et omniprésent. La ville constitue l’unique trame sonore, et la manifestation la plus forte du hors-champ.

Le montage laisse surtout place aux plans séquences, ce qui permet aux acteurs d’investir pleinement le champ et laisse l’espace nécessaire à l’expression très révélatrice du langage corporel. Le style effréné si caractéristique de Jean-Pierre et Luc Dardenne fait encore feu de tout bois. L'enfant est un film qui fonctionnent à plusieurs niveaux, tant pas son esthétique radicale et sans compromis que par sa capacité à traduire en images les paramètres d’un récit fort en symboles. C'est une œuvre ancrée dans son époque, qui adresse des questions proprement contemporaines tout en adoptant une approche esthétique ingénieuse et singulière.

6 novembre 2006

Le futur en images

Je viens de tomber sur cette citation prophétique d'André Breton:

"Il viendra un jour où les images remplaceront l'homme et celui-ci n'aura plus besoin d'être, mais de regarder. Nous ne serons plus des vivants mais des voyants."

3 novembre 2006

Mes 25 meilleurs albums – Cinquième partie

5. Marquee Moon de Television

L’apothéose du rock new-yorkais des années 70 et du légendaire club CBGB. Un chef d’œuvre du rock moderne dont l’architecture repose sur une construction lente et évolutive. Ces fils spirituels des Velvet Underground avancent avec assurance sur la mince frontière entre le pop et l'expérimentation, entre la lumière et le tourment. Marquee Moon, aux contours résolument rock mais à l’esprit punk, est un album dédaléen dont la renommée est sacralisée par l’époustouflante et complexe interaction des guitares de Tom Verlaine et de Richard Lloyd. [Elektra; 1977]

4. Blue Lines de Massive Attack

15 ans après sa sortie, Blue Lines étonne toujours par sa fraîcheur. De Bristol émane cette œuvre stylisée et envoûtante, signée 3-D, Mushroom et Daddy G. Un album à géométrie variable qui puise son essence dans le métissage du soul, du dance, du dub et du hip-hop. Pour moi, le moment fort de Blue Lines est Unfinished Sympathy, avec ses accents symphoniques et l’ensorcelante voix de Shara Nelson. Bref, un monumental chef d’œuvre d’innovation, de fluidité et de sincérité. [Virgin; 1991]

3. Daydream Nation de Sonic Youth

Daydream est une fresque d’expérimentation hantée par des guitares discordantes et tapageuses et des mélodies sensibles et mélancoliques dont seul le légendaire quatuor de New York connaît la formule magique. Cet opus noise lyrique contient des sculptures sonores énigmatiques et psychédéliques aux contours abstraits et chaotiques. Un voyage passionnant et exigeant dans la psyché, une sublime rencontre entre la forme et le contenu. [Blast First/Enigma; 1987]

2. It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back de Public Enemy

Bass! How low can you go ?” Ce maelstrom d’échantillonnages et de slogans paramilitaires constitue l’apogée du rap engagé, et peut-être même du hip-hop tout court. Tout est mis à contribution afin d’éveiller les consciences à la cause des noirs-américains: l’arsenal sonore du Bomb Squad, le rythme effréné et sans compromis, et, surtout, la voix autoritaire de Chuck D. La fibre militante de PE s’incarne à tous les niveaux : beats féroces, alarmes retentissantes, scratchs nerveux, breaks soutenus, basses percutantes. Son seul défaut est d’avoir, par son succès critique, ostracisé l’album suivant de PE, le formidable Fear of a Black Planet. J’envie ceux qui étaient à la prestation du groupe au Rialto en 1990. [Def Jam; 1988]

1. Loveless de My Bloody Valentine

Le big bang sonore. Du génie de Kevin Shields s'est créé un univers éthéré et immersif. Loveless fait tabula rasa et fait fi de toute filiation : jamais une fusion du bruit et de la mélodie n’aura connu un tel aboutissement. Un album liquide et stratosphérique, la quintessence du courant shoegazer. Loveless échappe à toute définition; il s’agit d’abord d’une expérience sonore (sonique ?) et sensorielle unique. [Creation; 1991]

2 novembre 2006

Mes 25 meilleurs albums – Quatriième partie

10. Innervisions de Stevie Wonder

Dès les premières notes, les basslines sautillantes de Too High annoncent une fresque funk guidée par le son exquis et chaleureux du Moog. Coincé entre deux autres chefs-d’œuvre du « Mozart noir », soit le serein Talking Book (1972) et l’exhaustif Songs in the Key of Life (1976), Innervsions se définit comme un album dense et limpide, fugace et lucide, fragile et assuré. De plus, Stevie Wonder donne une résonnance sociale à son album, en abordant un large panorama thématique tel que la spiritualité, l’urbanité et l’éthique. [Uptown/Universal; 1973]

9. Illmatic de Nas

Réunissant le gratin des producteurs hip-hop de la Big Apple (Pete Rock, Q-Tip, DJ Premier et Large Professor), Illmatic représente un nouveau sommet du genre. Couronné par les fameux 5 mics du magazine The Source et porté aux nues par un succès critique unanime, cet album porte un regard clairvoyant sur les ravages de la pauvreté et de la ghettoïsation. Le succès commercial de Illmatic fut soutenu par cinq excellents singles: Halftime, It Ain't Hard To Tell, The World Is Yours, Life's A Bitch et One Love. [Columbia; 1994]

8. Endless Summer de Fennesz

Il ne faut pas se fier aux apparences : Endless Summer est un disque pop, principalement parce que l’aspect mélodique en constitue l’âme. Des constructions patientes, des mosaïques sonores naïvement abstraites et incandescentes, des textures évanescentes et vaporeuses font de cet album un sublime mariage entre le digital et le naturel, entre le signifiant et le signifié. [Mego; 2001]

7. Strong Reaction de Pegboy

Strong Reaction ne fait pas l’unanimité, mais, pour moi, c’est son imperfection qui fait sa force. Son énergie est due à sa fougue, à son impétuosité. Chacune des pièces est meublée de riffs puissants et évocateurs, de vocals à moitié chantés, à moitié vociférés et d’une impulsivité hors de contrôle. [Quarterstick: 1991]

6. Unknown Pleasures de Joy Division

De l’esprit tordu et tourmenté de Ian Curtis est né ce chef d’œuvre du post-punk manchestérien. Chaque pièce canalise le désespoir et l’accablement du chanteur, mais sans jamais sombrer dans le débordement ou la surcharge émotive. Un disque hanté par la résonnance grave et ténébreuse de la voix de Ian Curtis, par les imposantes basslines de Peter Hook et par l’hypnotique guitare de Bernard Summer. L’abandon et la solennité des musiciens, justement captée et relayée par l’attentif travail de production de Martin Hannett, contribuent à l’édification de ce monument de l’abnégation. [Factory; 1979]

1 novembre 2006

Alternatives, urbanité et émergence

C’est en survolant la liste des récipiendaires du dernier gala de l’Adisq que je me suis rendu compte à quel point je suis irrité par certains termes privilégiés par « l’industrie ».

Par exemple, la catégorie « alternatif ».

Qu’entend-on au juste par alternatif ?

Parce qu’une musique dite alternative doit se définir comme une alternative à quelque chose, comme une solution de remplacement. Le récipiendaire de cette année, Malajube, est une alternative à quoi ? Mon petit doigt me dit qu’il s’agit probablement d’une alternative à la musique dite « mainstream ». Or le « mainstream » constitue une portion infinitésimale de l’ensemble de la musique produite, principalement de manière indépendante. Pour un artiste qui tourne sur les ondes commerciales, il doit y en avoir environ 5000 autres qui créent et composent. Ils ne constituent donc pas l’alternative ou la marginalité, mais plutôt la majorité !

Même chose en boutique… combien de fois ais-je aperçu une section alternative à proximité d’une section rock. Qu’est-ce qui différencie les deux ? Si un groupe moins connu connaît un succès, les employés du magasin devront-ils changer le groupe de section ? Pourtant la musique reste la même…

Autre terme à questionner :

Le site web du magasin Archambault contient une section identifiée comme « Musique urbaine ». Elle englobe principalement le hip-hop et la musique électronique. Pourquoi ne pas distinguer les deux catégories, qui partagent plusieurs similitudes, mais qui sont également deux genres bien différents ?

Cela fait plus de 50 ans que des composantes électroniques ont été utilisées en musique pour les premières fois (entre autres par Pierre Schaeffer, Pierre Henry, Karlheinz Stockhausen). Est-ce qu’en 2006 le terme « musique électronique » fait encore peur à quelqu’un ? Poser la question c’est y répondre… donc pourquoi ne pas utiliser ce terme ?

De plus, il me semble que mis à part le country, le blues et le folk, la plupart des musiques populaires ont été développées dans un milieu urbain. Le jazz provient principalement de la Nouvelle-Orléans, de Chicago et de New York. Le son reggae a été élaboré au Studio One de Kingston, la métropole de la Jamaïque. Le punk-rock a plusieurs épicentres (London, Manchester, New York, Detroit, Washington DC, Los Angeles). Donc en quoi le jazz, le reggae et le punk sont-ils moins « urbains » que le hip-hop et la musique électronique ?

L’emploi du terme « musique émergente » est aussi louche. La musque émergente émerge de quoi, au juste ? Fait-on référence aux musiciens¸ aux genres ?

Par exemple, le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue, qui est une super belle initiative, présente des artistes comme Marc Ribot et René Lussier qui sont actifs depuis une vingtaine d’années. Ils ne sont donc pas vraiment « émergents ».

Donc pourquoi ne pas s’en tenir à la nomenclature traditionnelle ? De la musique électronique, c’est de la musique électronique, pas de la musique urbaine. René Lussier fait de la musique d’avant-garde, pas de la musique émergente. Et Malajube n’est pas une alternative à quelque chose…