Art since 1900
Les auteurs proposent un recueil d’une centaine de petits chapitres, traitants d’événement cruciaux, tels que l’exposition suprématiste 0.10 à Petrograd en 1915, l’exil des surréalistes à New York au début des années 40 et les succès de Bill Viola et de son art vidéo en 1996.
Dans leurs textes, les auteurs optent pour une approche teintée d’une perspective résolument idéologique et propre au groupe d’October. Par exemple, Buchloh érige un monument en l’honneur du mouvement Fluxus pour leur dénonciation du capitalisme, et les Actionistes viennois sont célébrés pour leurs charges à l’encontre de la tolérance répressive (théorie élaborée par Marcuse qui concerne l’acceptation d’un gouvernement permettant la manifestation de formes d’opposition dont le champ d’action est délimité par les élites, bref, un pluralisme illusionné).
À l’inverse, certains aspects cruciaux de l’art moderne sont occultés, dont l’œuvre de Giorgio di Chirico, qui n’est que superficiellement abordée, même si son influence sur les mouvements Dada et surréalistes est indéniable. La période néo-classique de Picasso (1921-1936) est également oubliée. Est-ce parce qu’il s’agit d’une période trop liée à une volonté d’expression individuelle, et qui implique donc certain degré d’interprétation biographique ?
Tout au long de ma lecture, j’ai eu l’impression que l’ensemble du corpus étudié demeurait conditionné par l’anti-esthétisme initié par le dadaïsme et le constructivisme, deux écoles rivales mais dédiées au même objectif : la subversion de la société et de l’art bourgeois. Comme si la recherche d’un nouveau langage formel était laissée en plan au profit d’une constante politisation du discours.