16 août 2007

Form & Function Vol. 2

Le 17 septembre est une date à encercler sur son calendrier, car elle marquera le grand retour sur disque de Rupert Parkes AKA Photek. Qui ne se souvient pas avoir trépidé d'exaltation à l’écoute de hits enflammés tels que Ni-Ten-Ichi-Ryu (2 Swords Technique), The Seven Samurai et Mine to Give ?

Le site de Sanctuary Records révèle quelques détails sur l’album Form & Function Vol. 2, dont le tracklisting. Mais les impatients comme moi iront écouter l'édition de dimanche dernier de Intabeatz avec DJ Bailey, sur BBC 1Xtra, car trois extraits y sont présentés en exclusivité, soit Saturated Hip Hop, Deadly Technology et Baltimore (Tech Itch & Dylan Remix). Dépêchez-vous avant que le stream ne disparaisse.

Première impression : MENTAL !

Discographie de Photek:

Risc vs. Reward (1997)
Modus Operandi (1997)
Form & Function (1998)
Solaris (2000)

14 août 2007

Stylus Magazine’s 50 Greatests Drummers

Avis aux amateurs de drum : Stylus Magazine propose une liste commentée des 50 Greatests Drummers in Rock History. Conformément à la volonté du magazine d’élargir les horizons, une grande variété de styles, d’époques et de techniques est couverte. En conformité avec l’orthodoxie rock, plusieurs noms maintes fois consacrés sont cités, dont les légendaires Keith Moon des Who et John Bohnam de Led Zeppelin, chacun intronisés depuis longtemps au Rock and Roll Hall of Fame. D’autres propositions sortent des sentiers battus : je pense notamment à Hugo Burnham de Gang of Four ou Yoshimi P-We des Boredoms. Bref, après avoir survolé la liste, les discussions risquent d’être houleuses sous les chaumières.

Sans entériner aveuglément tous les choix du comité (je n’ai pas pu m’empêcher de sourciller en constatant que Topper Headon des Clash occupe la septième position, même si j’adore les Clash), le rafraîchissant palmarès de Stylus a le mérite de s’éloigner des lieux communs et des idées reçues. J’ai été particulièrement surpris et ravi que la cinquième position soit attribuée à Stephen Morris. L’implacable et mécanique pilier de Joy Division / New Order est l’antithèse du drummer virtuose et ultavitaminé tapochant infatigablement sur des drums aux dimensions pachydermiques. C’est bien connu : Stephen Morris est une machine, il a un métronome a la place du cerveau. Il possède un sens du rythme à faire rougir n’importe quelle drum machine.

Avec son complice Martin Hannett, le mystérieux et génial producteur de Joy Division, Morris a proposé une approche davantage axé vers la retenue et l’économie, aux antipodes des styles ambiants.

Pour illustrer l’originalité du style de Stephen Morris, rappelons-nous que sur le chef d’œuvre de 1979, Unknown Pleasures (Factory Records), chaque élément (bass drum, hi-hats, …) du drum kit fut enregistré séparément. Cette technique permit un travail minutieux des rythmiques et un raffinement considérable de l’effet delay, responsable de l'unique signature sonore d’Unknown Pleasure. À l’écoute de l’album, la portée robotique et déshumanisé du drum prend progressivement des proportions fusionnelles et innovatrices, en totale symbiose avec les textes sombres et désespérés de Ian Curtis. Morris donne l’impression d’être complètement aliéné de son instrument, tellement il est en totale maîtrise de sa technique.

Certains rétrogrades maudiront la liste en répétant qu’on reconnaît un bon drummer à ses capacité pyrotechniques, à faire et refaire la démonstration de sa virtuosité. Mais Stephen Morris n’est pas tombé dans ce piège, et c’est pourquoi sa contribution méritait d’être dignement saluée.

Les sceptiques n’ont qu’à (ré) écouter les sept premières secondes de She Lost Control pour se convaincre du contraire.