23 juin 2009

Dark Garage: mon top 3

C’est en feuilletant les magazines sur mon heure de dîner plus tôt cette semaine que je suis tombé sur l’édition de DJ International du mois de mai. Surprise : la page couverture est consacrée à Caspa, fondateur du renommé label Dub Police et star du dubstep suite au succès obtenu l’automne dernier par son remix de TC, "Where’s My Money ?".


Si des publications à grand tirage comme DJ International capitalisent sur le dubstep, c’est que le courant a été dérobé de sa marginalité. Depuis l’explosion de la mouvance début 2006, la vague dubstep prend de l’ampleur. On pense bien sûr à la participation de Kode9 & The Spaceape, Digital Mystikz et Pressure à la bande sonore de Children of Men en 2007 mais aussi aux soirées thématiques se multipliant de ce bord ci de l’océan (Komodo Dubs à Montréal et Rough n Rugged à Ottawa).

Pourquoi ne pas prendre un peu de recul et examiner quelques enregistrements crépusculaires du dubstep ? À partir de 1997, alors que la plupart des producteurs de UK Garage insistent sur le volet plus soul du genre, une poignée d’entre eux tentent, en périphérie, d’altérer le style en l'orientant vers un versant plus sombre, notamment en insistant sur la lourdeur des basses, pavant ainsi la voie au grime et au dubstep.

En proposant un mélange de House, de vocals R&B, de futurisme style Detroit Techno et, bien sûr, de basses massives, Steve Gurley de Foul Play, Horsepower Productions, Groove Chronicles, KMA, Skycap et Zed Bias, ont forgé la clé de voute du dubstep.


"Cape Fear" de KMA Productions
Urban Beats; 1996

Dès les premières notes, DJ Madness aka KMA Productions annonce ses couleurs: une succession de house vocals et de samplings de la voix de Juliette Lewis tirés du Cape Fear de Scorsese ("mystifying...?") se construit autour de beats disloqués quoique anticipatoires. L’alternance des vocals donne le ton en insufflant un rythme imagé et métaphorique.

Arrive ensuite un matraquage de breaks saccadés plaqués sur une suite de subbass engloutissant graduellement l'auditeur dans un vortex de perplexité. Les extraits de Cape Fear continuent de ponctuer la pièce d’exclamations énigmatiques, générant un climat inquiétant mais néanmoins envoûtant.

La récente réédition sur étiquette Groove Chronicles permettra aux collectionneurs d‘assouvir leur appétit en toute quiétude financière, les rares copies originales se transigeant aux alentours de 250$ sur le marché.